Changements technologiques, journalisme citoyen et politiques publiques: un amalgame possible?

April 3, 2012 in discussion

 

 

 

À la fin du mois de mars, des architectes de politiques publiques, universitaires, consultants et journalistes se sont réunis à Londres pour participer à la quatrième conférence annuelle POLIS Journalism Conference: Reporting the World.

Les conférenciers ont animé la conférence autour de questions telles que: comment le journalisme doit-il répondre à la montée des manifestants qui deviennent de plus en plus expérimentés avec les médias? Comment les médias sociaux transforment-ils la manière par laquelle le monde est couvert? Comment pouvons-nous utiliser le journalisme de données plus en profondeur et enfin révéler l’information que les autorités gardent secrètement? Est-ce que les médias européens, face à la crise de l’euro et l’effondrement du rêve européen, ont échoué à couvrir l’échec du système démocratique?

Sur le panel portant sur la couverture médiatique des révolutions, animé par Richard Sambrook, Cardiff University, prenant exemple sur le Printemps arabe, Tom Coghlan, journaliste du Times, a suggéré que de nouvelles formes de journalisme ont introduit une plus grande interdépendance entre les médias traditionnels et amateurs, comme le journalisme citoyen. Les agences de nouvelles deviennent de plus en plus spécialisées à la gestion du matériel citoyen, ce qui favorise la formation d’un média hybride possédant à la fois des éléments d’un journalisme professionnel et d’un autre citoyen. Cependant, a ajouté Lindsey Hilsum, éditrice des nouvelles internationales à Channel 4 News, l’obsession des médias traditionnels à couvrir la Syrie fait en sorte que la quantité de la couverture de l’après Printemps arabe est médiocre. Provenant d’une tradition de service médiatique publique, la journaliste de la BBC, Lyse Doucet, a appuyé Hilsum en affirmant qu’il demeure important pour les médias traditionnels de continuer à suivre ces histoires.

Les questions que nous nous poserons lors de la conférence sur les stratégies sur le journalisme, qui aura lieu du 19 au 21 avril prochain, ne sont pas si différentes de celles que se posent nos collègues de l’autre côté de l’océan l’Atlantique. Dans un contexte de médias hybrides, quel est le rôle des politiques publiques dans le journalisme canadien pour préserver la démocratie? Comment tenir compte des récents changements technologiques dans le développement des politiques publiques? Quelles seront leurs répercussions sur la modèles de financements et les structures organisationnelles du journalisme traditionnel? Quel genre de journalisme voulons-nous? Ce sont de grandes questions qui méritent une introspection profonde.

Il s’agit de résoudre un grand problème qui trouble les acteurs du journalisme, et ce depuis son ascension à la fin du 18ème siècle, celui de la préservation et du bourgeonnement de la démocratie et du développement du rôle du journalisme (un journalisme de fait, impartial, objectif, équilibré et fiable). Le citoyen n’a pas toujours été au coeur de ce débat. Aujourd’hui, dans un contexte où le journalisme peut devenir ‘hybride’, à mi-chemin entre un journalisme professionnel et citoyen, comment est-il possible de produire des politiques publiques à l’image de notre démocratie?

Comme l’a suggéré Christine Crowther, Coordonatrice Stratégies pour le Journalisme, «l’élaboration de politiques ne se fera pas par accident, mais par une chaîne de décisions.» Lesquelles prendrons-nous?

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